Par Djedly François JOSEPH
Ce jeudi 24 janvier 2019, pour la 3ème sortie de l'émission Jeudi-Débat cette année, on a mis le droit sur un sujet pour le moins sensible et aussi jouit d'une importance au premier degré aux yeux des Capois-es et des Haïtien-nes en général si l'on tient compte des deux évènements phares qui se pointent à l'horizon: 350 ans de l'existence de la ville du Cap-Haïtien et 200 ans de la mort de Henry Christophe. On leur doit beaucoup. Sommes-nous fiers? Sans l'ombre d'un doute. Où en sommes-nous avec les préparatifs? On est encore en retard. Avons-nous réellement un plan? Je doute.
Aux micros de l'animateur vedette de l'émission Jeudi-Débat, Ferdinand Fils LAMBERT, ont été reçus M. David Toussaint, Eyma Jr Emile, respectivement Directeur Départemental Nord du ministère de la culture et de la Communication et Vice-président du comité 350ème Cap2020 qui est président de la Société Capoise d'Histoire et de Protection du patrimoine. Ils ont été accompagnés de Remy Ryjnov, responsable des Relations publiques à Entre Les Pages et représentant de la Coalition Cap-2020, et d'Emmanuel Tilias, licencié en Gouvernance locale.
Pas besoin d'être expert pour relater des faits probants en ce qui concerne la ville du Cap. Ce qu'a fait d'ailleurs un pactole de citoyens qui entendent tirer la sonnette d'alarme à travers un micro-trottoir réalisé dans le cadre de cette édition. Des détritus jonchant chaque parterre de la ville, des fous-folles à plusieurs coins de rue, la mendicité est en recrudescence, les rues sont impraticables aux moindres gouttes de pluie. Pas d'électricité. Voilà la peinture sombre de la ville. "On ne peut pas continuer à côtoyer les déchets au quotidien" dit une jeune fille péremptoirement. "Nous voulons une autre ville du Cap" déclare un autre participant. Serons-nous effectivement témoins du lever de soleil en 2020? Questionne M. Remy. Pertinente interrogation, si l'on arrive à tenir compte des risques sismiques qui planent sur la ville.
Pour M.Emille, 2020 doit nous interpeller. Ce devra être un moment de réflexion, de festivités et de démarrage des grands travaux d'infrastructures. M. Toussaint abonde dans le même sens. M. Tilias croit fermement que les élites capoises (Nordistes) ont pitoyablement échoué, vu les constats. Une explosion démographique, en outre. Néanmoins, nous sommes à la croisée de l'Histoire et de l'avenir. Pour mieux y faire face, un comité, d'une réputation douteuse, a été mis sur pied par la mairie du Cap la semaine dernière (officiellement), travaillant étroitement avec la présidence dont on se méfie. Recevra t-on les diktats de l'Etat centralisateur? Pas étonnant. C'est lui qui détient les cordons de la bourse. Selon M. Emile, on a déjà un déficit de planification, néanmoins, 2020 sera un moment déclencheur du grand chantier que devra être la ville. Le temps du nombre mystique "20". On compte déjà 20 grands projets dans le calendrier des 3 prochaines années, la durée du mandat du comité.
Le ministère de son coté souhaite offrir un accompagnement technique aux opérateurs culturels. M. Emile plaide pour la formation des organisations locales, leur faciliter le processus de légalisation (Tilias et Remy) et l'échange de compétences au profit des opérateurs. Tout le pannel déplore l'absence grave d'une bibliothèque publique et des locaux pouvant accueillir des spectacles. Ils sont d'accord à dépasser les détails, toute suspicion et à se focaliser sur l'idéal, 2020. On ne doit pas rater le train comme en 2004 (M.Emile). Celui qui plaide pour l'intégration des jeunes et pour un comité représentatif, M. Remy, croit pour sa part qu'il faut rien négliger. Le départ compte autant que l'arrivée.
Les élections sont à quelques mois, si on se respecte. Les acteurs souhaitent faire leur beurre. Les turbulences habituelles des élections pourraient endommager les préparatifs. La veille doit annoncer la splendeur de la fête. Les grands sujets ne sont pas encore à l'ordre du jour: Gestion efficace du « fatras », réhabilitation de la ville, des centres culturels à construire. Nous sommes tous-toutes inquiet-e-s pour le lendemain. On doit avoir les pieds sur (pas en dessous) terre et surtout un moyen de s'y prendre. 2020, c'est maintenant.

bien
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